Une semaine en Auvergne sans voiture : ce qui marche, ce qui coince

On m’a souvent dit que l’Auvergne sans voiture, c’était mission impossible. J’ai testé sur sept jours, sac sur le dos, et je peux dire que c’est faux — à moitié. Il faut accepter de renoncer à certains coins perdus, et de passer parfois trois heures à attendre un car qui traverse des villages de quatre cents habitants. Mais le résultat m’a surpris.

Le point de départ, pour moi, c’est de comprendre ce que la région propose en matière d’étapes et d’hébergements adaptés aux piétons et aux voyageurs ferroviaires. C’est là qu’un site comme Auvergne Imaginée devient utile : on y trouve des séjours pensés pour ceux qui arrivent en train, des campings accessibles sans véhicule et des bonnes adresses testées sur place, pas des listes recopiées d’un office de tourisme.

Arriver à Clermont sans voiture : plus simple qu’on ne le croit

Le train depuis Paris met environ trois heures trente. Les Intercités sont corrects, les places pas trop chères si on s’y prend deux semaines avant. Une fois à Clermont-Ferrand, tout le centre se fait à pied. La place de Jaude, la cathédrale noire, les rues commerçantes : deux jours suffisent pour en faire le tour sérieusement.

J’ai compté : sur sept jours, j’ai pris le train quatre fois, le car régional cinq fois, et j’ai marché en moyenne onze kilomètres par jour. Mes chaussures ont rendu l’âme à Volvic, ce qui tombait plutôt bien.

La ligne de train qui grimpe vers le Sancy reste le meilleur moyen de découvrir le massif sans s’encombrer d’une voiture. Le rail traverse des paysages volcaniques qu’on ne voit pas depuis la route. Le prix d’un billet Clermont–Le Mont-Dore tourne autour de dix euros.

Le problème des campings éloignés

Les heures de car, c’est le vrai point faible. Certaines lignes ne passent que deux fois par jour, parfois pas du tout le dimanche. J’ai raté une correspondance à Besse-et-Saint-Anastaise et me suis retrouvé à dormir dans un gîte à trente kilomètres de mon programme. Le patron m’a fait une omelette aux lentilles du Puy à onze heures du soir. Rien à regretter, en réalité.

Hors des grandes vallées, pas de train, pas de bus. Faut-il pour autant renoncer ? Non, à condition de choisir son camp de base et de rayonner à pied sur quelques jours. Les campings situés à proximité des bourgades desservies permettent de randonner sans dépendre d’un horaire. Ceux posés au milieu des prés, magnifiques sur les photos, supposent une voiture ou un vélo électrique.

Je rejoins un point de vue peut-être impopulaire : le tout-voiture n’a pas sa place en Auvergne, mais le zéro-voiture absolu relève du fantasme pour qui veut sortir des sentiers balisés. Le vélo électrique en location, autour de trente euros la journée dans les offices de tourisme, reste le compromis le plus honnête.

Ce que j’ai préféré, et ce que je referais autrement

Les volcans de la chaîne des Puys se parcourent très bien à pied depuis plusieurs villages desservis. Le puy de Dôme lui-même dispose d’un train panoramique qui monte au sommet. Je l’ai pris un matin de brume, sans personne dans la voiture, et j’ai cru redécouvrir une montagne que je connaissais pourtant déjà.

Les marchés de Besse et de Tauves, le fromage chez un producteur à trente mètres de la route, le cantal vieux qu’on mange avec un couteau et du pain : tout ça se fait sans permis de conduire.

L’an prochain, je m’y prendrai autrement. Moins de villes, plus de jours dans chaque lieu. Un vélo pliable dans le train. Et une réservation d’hébergement à l’avance, parce que j’ai découvert trop tard qu’en juillet, certains campings bien placés se remplissent dès le printemps. Si vous n’avez pas envie de passer vos soirées à chercher un toit de fortune sur les plateformes classiques, le détour par un blog d’hébergement spécialisé sur la région vous économisera deux ou trois appels téléphoniques inutiles.

L’Auvergne récompense la lenteur. Sept jours m’ont suffi pour le comprendre, une paire de chaussures pour le rappeler à mes pieds.